A la découverte de Madère

par Clare James

“Quelle sera ma prochaine destination surf ?” C’est une question qui me trotte souvent dans la tête. L’année dernière, je cherchais un endroit qui me permettrait d’échapper à l’hiver des Cornouailles, un endroit avec des vagues et qui ne serait pas trop loin de chez moi.

J’ai réservé un vol à destination de Madère, parfois appelé « Le Hawaii de l’Europe ». La découverte de ces vagues s’avère tout aussi difficile que certains l’ont souligné et les côtes de Madère sont régulièrement martelées par des fortes houle venues de l’Atlantique.

Des falaises volcaniques plongent verticalement dans l’océan, ce qui signifie que les vagues ne sont accessibles que par des rochers (volcaniques) extrêmement glissants. Une véritable expérience de surf !

Quand on atterri à Madère, on a le sentiment d’atterrir à Jurassic Park. La piste d’atterrissage est construite sur la mer car il n’y a pas suffisamment de terrain plat sur l’île pour atterrir, donc, pas le droit à l’erreur.

La première nuit sur l’île, j’ai réalisé que les conditions de surf prévues avaient finalement changé et qu’elles étaient maintenant moins réjouissantes… Il y avait une dépression inhabituelle au milieu de l’océan Atlantique ce qui entraînait un changement de météo et des conditions estivales plus moroses : le calme plat.

Pas les meilleures conditions pour surfer donc… Pour ne pas me décourager et rester optimiste, je suis montée dans ma petite voiture pleine à craquer et je suis partie explorer quelques spots rocheux de l’île. Ces derniers fonctionnent généralement les jours de fortes houles (ce qui n’était pas le cas). Mais, malgré tout, je pouvais en voir le potentiel.

Heureusement pour moi, l’île regorgeait d’une multitudes de petits coins à découvrir et à explorer.

Les jours sans vagues, je traçais vers l’intérieur des terres, dans la région sauvage de Madeirian, pour des balades jusqu’aux sommets des montagnes à explorer les incroyables levadas (voies navigables de Madère), les piscines naturelles en pierre. Celles-ci étaient autrefois utilisées par les pêcheurs locaux pour attraper des poissons de l’océan à marée montante, maintenant, elles sont l’endroit idéal pour nager dans des eaux cristallines.

La végétation de Madère est quasi tropicale en bord de la mer et se transforme en forêts de pins et d’arbustes sur les sommets des montagnes. Lors de ma chasse aux vagues, je n’ai jamais manqué de me rafraîchir et de me restaurer, et, devinez quoi, les marchés de fruits frais sur le bord de la route n’affichaient pas une once d’emballage plastique. Les étals colorés et la variété de fruits délicieux était irréelle.

Finalement, les conditions de surf ont changé. Après des jours à étudier les reports, les conditions, les spots, les marées et à n’apercevoir qu’un seul autre surfeur, j’ai décidé de me risquer vers une plage volcanique, planches sous le bras et caméra embarquée. j’ai marché depuis Ponta Paul, le long de la plage d’Abouldery, afin d’accéder à un récif dont la vague cassait au loin.

Après une heure de marche, j’y suis arrivée – et sur cette superbe droite déroulant à la perfection, il n’y avait personne ! Je suis restée là jusqu’au coucher du soleil puis je suis retournée en ville boire un Rhum Poncha bien mérité.

Revigorée par mon succès de la veille, je suis allée jeter un coup d’œil à un nouveau spot connu sous le nom de « Chickens ». Apparemment c’est le spot le plus facile pour surfer dans l’île, mais comme je l’avais vu à marée haute, les vagues étaient beaucoup plus fortes que la majorité de celles de Cornwall.

Il ne me restait plus qu’un jour sur cette île magnifique. Je suis retournée à la première droite que j’avais surfé. Cette fois-là, il y avait trois locaux, les plus affairés que nous n’avais jamais vus dans l’eau. Les vagues déroulaient parfaitement, et nous avons surfé jusqu’à la tombée de la nuit. Difficile de croire que ce n’était pas un rêve.

Pour aller plus loin : @clarejamesphotography