Agathe Toman et l’art du dessin

Une artiste à l’art protéiforme

Interview de Frédérique Seyral

Nous avons rencontré, Agathe Toman, une jeune artiste française. L’occasion pour nous de discuter avec elle de son travail que l’on aime beaucoup.

Quelle est ta formation, ton parcours ?

J’ai fait une école de stylisme de mode dans la haute couture à Paris avant de déménager dans le sud ouest, il y a bientôt 8 ans. J’ai commencé comme stagiaire dans l’industrie du surf et, par la suite, j’ai travaillé 4 ans et demi en tant que styliste. Je me suis lancée à mon compte il y a un peu plus de 2 ans.

Quelles techniques/ supports utilises-tu ?

J’utilise principalement le stylo bic noir sur papier pour mes illustrations. La peinture acrylique sur papier ou canvas mais également sur les planches de surf que je fais pour Adrien Toyon. Aussi les feutres Posca sur tous les supports qui ne sont pas du papier.

Ton travail est très graphique et utilise pratiquement exclusivement le noir et blanc. Est-ce une contrainte que tu t’es imposée ou un choix autre ?

Mon travail utilise exclusivement le noir et blanc. J’ai commencé à ajouter de la feuille d’or sur deux planches d’Adrien, mais c’est très récent. Ce n’est absolument pas une contrainte, non. Je ne pense pas qu’un artiste s’impose des contraintes afin d’exprimer ce qu’il souhaite transmettre. J’ai toujours vu le monde en noir et blanc, et cela évoluera certainement  un jour. Avec la feuille d’or c’est un peu le cas, mais je ne m’imposerais pas, par exemple, d’utiliser de la couleur parce qu’on me l’aura demandé, ce qui a été le cas un bon nombre de fois. L’authenticité et la sincérité de mon travail en seraient complètement biaisées et mon message s’en trouverait vidé de son sens.

Quels sont les artistes qui t’influencent ? Les choses que tu aimes, tes gouts (poésie, musique etc…)

Je ne parlerai pas d’artistes, à proprement parler, qui m’influencent. Il est évident que j’apprécie et j’admire un grand nombre d’artistes, qu’ils soient morts ou encore vivant, mais ils ne sont pas partie prenante de mon inspiration et n’influencent pas mon travail. Les personnes qui m’entourent, et qui sont très proches de moi à un certain moment, influencent mon travail. Ces personnes, sans le savoir, vont inspirer une exposition entière et même marquer certain « paliers » dans ma création, tel que le travail avec la peinture blanche ou bien avec la feuille d’or.

En ce qui concerne la musique, j’ai des gouts très variés, de Arctic Monkeys, Black Keys, en passant par Lili Wayne et 50 Cent, ou Lana Del Rey et Bob Dylan. Mais lorsque je travaille sur un projet en particulier, tel que celui des 59 dessins pour le salon du dessin contemporain du Dessin à Paris, je vais écouter pendant des semaines seulement un genre de musique, celui qui me plongera dans l’état d’esprit dans lequel je veux être à chaque fois que je travaille sur ce projet.

La thématique du flux, du chaos, des vagues est récurrente, peux-tu nous en parler ?

Ce sont  des projets que j’ai développé sur des expositions il y a plus d’un an lors de mon exposition solo à Saint Jean de Luz, ou bien lors de l’exposition au Helder en collaboration avec Céline Hamelin. Pour être honnête, ma thématique reste toujours la même, seules la métaphore et les illustrations que j’en fait changent. Le passé, le présent, le mien bien sûr, et mes émotions sont, sans exception, la thématique de chacune de mes créations.

Surf et skate sont des supports que tu investis, quelle est la place de la glisse dans ton travail et dans ta vie ?

Effectivement, j’investie depuis quelques mois le surf de manière récurrente, avec le surfer pro Adrien Toyon. Il m’a contacté l’année dernière pour une décoration sur une de ses planches et nous en sommes aujourd’hui à 8… Et ce n’est pas finit ! C’est un support différent, et cela implique que j’apprend forcément des choses différentes sur mes techniques,  et que je vais aller plus loin dans ma création. Adrien me fait confiance et me laisse totalement libre, ce qui m’a amené récemment à ajouter de la feuille d’or. J’y songeais depuis quelques temps déjà, mais je n’avais pas encore franchit le cap de la « couleur »… Je l’ai fait sur ses planches et je vais forcément maintenant la travailler sur des toiles ou des dessins. Ce genre de collaboration est vraiment stimulante pour moi, mon travail et ma création, cela me force à aller toujours plus loin, à essayer de nouvelles choses, à passer des caps que je n’oserais pas franchir, et tout cela fait évoluer significativement mon art. C’est un travail où l’on est souvent seul, alors lorsque quelqu’un s’intègre un temps soit peu au sein de cette création, cela y donne forcément une autre dimension.

Certaines oeuvres, dont celles avec des cercles me rappellent le travail de Richard long avec la boue. La spatialité, la forme, le geste, sont-ils importants dans ton travail ?

Ces « cercles » représentent mon travail d’illustration le plus important. Ils sont en réalité des « lunes » si je puis dire. Avec le temps je les ai tellement déformé que chacun peut y voir ce qu’il veut et c’est exactement ce que je recherche. Je donne une image, après, les spectateurs en font ce qu’il veut. On me dit souvent que mon travail est abstrait tout en restant figuratif, et que cela est très surprenant. Je dois dire que ça me plait. Chaque chose a une importance dans mon travail, et tant qu’une seule de ces choses n’est pas comme je le souhaite, l’oeuvre sera ratée et je ne la montrerai pas. Je ne montre pas la moitié de ce que je créé à vrai dire. Pour le salon du dessin contemporain et ses 59 dessins, une bonne vingtaine sont passés à la poubelle.

Peux-tu nous parler des différentes collaborations que tu as fait ?

La dernière collaboration importante que j’ai faite était la chaussure pour VANS et le projet du lancement de la platform Custom en Europe.

Ma collaboration avec Billabong Women sort au printemps.

Pour voir son travail:

Exposition du 5 avril au 8 juin 2018, Ellia Art Galerie, 9 rue Christine, 75006 Paris