Anais Pierquet

Rencontre avec l’une de nos ambassadrices 

Nous sommes tombées sous le charme de la charismatique Anais. Son parcours, ses choix de vie et sa passion pour le surf nous ont tout de suite séduites. Avec son côté rock’n roll, sa sensibilité, son penchant pour l’art, elle fait preuve d’une véritable richesse intérieure. 

Photos Amanda Vilhelmina

A l’origine, je suis une enfant de la montagne. Née dans les Alpes et élevée avec un snowboard aux pieds ! J’ai grandi en Haute Savoie dans un petit village de campagne.

Honnêtement, j’ai toujours su que mon âme appartenait à l’océan. Ado, je rêvais des plages hawaiiennes et de tout ce qui les entoure, mais c’était des pensées lointaines, comme des souvenirs qui auraient appartenu à une autre vie. Il suffisait simplement que je me retrouve, que je me reconnecte avec mon âme et avec un mode de vie différent.. que je décide de vivre une vie qui n’appartiendrait qu’à moi seule.

J’ai eu la chance d’avoir un père passionné de sport de glisse, on allait rider pendant des heures. Beaucoup de snowboard, de planche à voile et de wake board. Ce sont des souvenirs incroyables !

Je pense que ma passion pour le surf vivait déjà en moi depuis longtemps, elle n’avait simplement jamais eu l’occasion de se révéler !

J’ai commencé à voyager à 20 ans lorsque je suis partie habiter à San Diego, en Californie, pendant quelques mois.

La plus grande étape de ma vie. Mon père venait de décéder, ce n’était pas un moment très facile, et je n’étais jamais partie habiter seule à l’étranger. Complètement paumée, je suis arrivée là-bas, je ne savais même pas pourquoi, ni comment. Mais j’y étais. Au final, cela a été le meilleur trip de ma vie, un avant-goût de liberté, teinté d’un léger spleen.

Ce fut surtout le début d’une longue et belle aventure.

Après ce voyage j’ai fait mon bachelor en Design Mode, à Genève, pendant 3 ans : une découverte personnelle sans limite. Je ne connaissais pas du tout le monde de l’art et tout ce milieu m’a donné la permission de m’exprimer et de me trouver. Je resterai à jamais reconnaissante envers les personnes que j’ai rencontré à cette époque, mes amis et profs ont été d’une aide incroyable !

Par la suite j’ai développé ma marque Blank Pages, des accessoires de plage décontractés, surtout des sacs à dos et des serviettes de plage. Mais après quelques années passées à Genève à bosser sur mes collections, j’ai eu besoin de changer de décor.

Je ne suis pas très fan des villes, je supporte mal d’être loin de la nature et d’être trop enfermée à l’intérieur. Du coup, je suis partie habiter à Bali, j’avais besoin d’air, de grands espaces, et surtout de me rapprocher de l’océan et de la nature. Cette décision a clairement changé ma vie !

Aujourd’hui je surfe sans arrêt, et je collabore avec différentes marques en tant que designer free-lance.

La vie est plus douce.

Après avoir passé des années à rêver de cette vie, sans vraiment m’en rendre compte, j’ai rendu ce rêve possible et réel. J’ai vraiment commencé à surfer lorsque je suis arrivée à Bali. Un peu de shortboard au début, puis je me suis blessée et j’ai dû arrêter pendant quelques temps.

Je suis passée au longboard il y a 2 ans. Au début c’était juste comme ça, pour le fun, puis je me suis vraiment prise de passion pour ce style de surf, j’avais envie de progresser et ne j’arrivais plus à m’arrêter, haha ! Je pense que ce que j’aime le plus dans le surf, c’est d’être là, au milieu du Grand Bleu, et me déconnecter du monde.

Dans ces moments-là, immergée dans l’océan, mon esprit ne divague pas, je n’ai pas de pensées vagabondes ! Je suis ramenée au moment présent. Ici. Maintenant.

Photo Simon Fitz

Je me concentre sur ce qu’il se passe autour de moi, et plus rien d’autre n’a d’importance. C’est comme une méditation, un moment qui m’appartient et qui me fait du bien. C’est une danse à travers laquelle on montre notre personnalité, une danse qui nous rend libre, un art ou une manière de s’exprimer qui nous fait sentir vivant pour de vrai.

Le plus compliqué pour moi, je crois, aura été d’affronter ma peur du vide. Bien sûr progresser est parfois difficile, je veux me pousser à améliorer telle ou telle chose car je sais que je fais encore des erreurs.

Cependant, parfois, sur certaine vague, quand on est sur le nose de la board on est vraiment perché au-dessus du vide. Faire un hang ten, psychologiquement et physiquement, du moins pour moi, c’est assez effrayant !

Affronter cette peur chaque jour, c’est un grand pas ! Et surmonter cette peur au quotidien en surfant me fait aussi avancer dans ma vie, et ça c’est une victoire quotidienne sur mes démons !

Photo Dave Thew

Ma philosophie de vie est basée sur le bien-être au quotidien. Trouver la paix intérieure au travers de moments simples et beaux. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai quitté la ville pour me retrouver avec la nature, être en harmonie avec mon âme. Je suis une personne assez sensible. Aujourd’hui je sais que si je ne fais pas attention à mon mode de vie je peux vite me sentir très anxieuse ou stressée. Je ne suis vraiment pas faite pour vivre entourée de béton, et, honnêtement, je ne pense pas que l’Homme soit fait pour ça. Il y a simplement des gens qui savent gérer cela mieux que d’autres, et je n’en fais vraiment pas partie ! L’Humain, ou plutôt l’Homme, s’est un peu perdu dans l’évolution de la société contemporaine, du moins, c’est comme cela que je le vis. On sous-estime trop l’influence de nos sociétés modernes sur nos âmes ; la plupart des gens suivent le schéma social qu’on leur a donné, parfois sans même réfléchir si cela leur convient vraiment.

Je pense qu’à l’heure actuelle il est important de pouvoir trouver son royaume de paix chaque jour, s’arrêter 5 minutes pour se demander comment on va, ce que l’on ressent et pourquoi.

Pour moi le design, la peinture, l’écriture et le surf sont des moyens d’expression qui me permettent d’avancer et de poser, ailleurs que dans mon âme et mon esprit, toutes les émotions qui les traversent. Nous sommes tous des êtres sensibles, dotés de capacités créatives. Il suffit simplement de trouver où et comment être créatif. Chacun à sa manière.

On passe beaucoup trop de temps à courir partout, que ce soit pour le travail, pour aller chercher les enfants.. On est happés par nos téléphones… et finalement, on passe trop peu de temps à simplement regarder une fleur dévoiler ses pétales, à écouter les arbres danser ou parler de nos émotions. On s’exprime peu, dans un monde qui en a pourtant bien besoin.

Dans ma vie, être bien passe avant tout par le fait de m’exprimer au quotidien. J’accède à ce royaume de paix lorsque je pratique mon art. Le surf est venu s’ajouter à tout cela, comme une évidence. Dans ces moments où je me connecte avec mon âme, mon esprit n’a plus aucun pouvoir sur moi, il n’existe même plus. Et là mon âme peut enfin se sentir libre. N’est-ce pas le but de la vie après tout ?

Photo Simon Fitz

J’ai croisé sur mon chemin des gens qui ont eu une grande influence sur ma vie. Des gens incroyables, des professeurs, des amis, des amants, des sourires uniquement aussi. Mais je crois que c’est réellement mon parcours de vie qui a influencé et façonné la personne que je suis aujourd’hui. Mon passé, mes pleurs, mes joies, mes regrets. Le décès de mon père a été un tsunami faisant table rase dans mon coeur et mon âme. J’ai dû réapprendre à vivre par la suite. Aujourd’hui mon père me manque énormément, j’aimerais tant partager cette vie avec lui. Cependant je le remercie aussi, car sa disparition m’a poussé a grandir et à développer la vie dont j’ai besoin.

J’ai passé des années à me demander où je devais aller, et quel était le sens de la vie. Tous ces questionnements ont fait qu’aujourd’hui je veux vivre la vie qui me correspond. Chaque épreuve que l’on traverse est une porte ouverte, une occasion de comprendre qui nous sommes si l’on accepte de relever le challenge. Vivre en harmonie avec ce qui vibre en soi est primordial. On n’a plus le temps de se dire “c’est mon rêve de faire ça”. Je pars du principe que demain rien n’existera, que demain tout sera peut-être fini, que la vie c’est maintenant, là, aujourd’hui, à l’instant-même ou je parle.

Photo Dave Thew

J’ai quitté la France il y a 2 ans. Honnêtement, ça s’est un peu fait sur un coup de tête. Il est certain qu’au bout d’un moment, lorsque l’on se retrouve à l’autre bout du monde, loin de tout, immergée dans une culture complètement différente de la nôtre, ça fait peur. Au final, on a beau changer de pays, changer de culture, pour vouloir changer de vie, notre passé nous suit partout, c’est ancré dans notre âme et les difficultés du quotidien sont les mêmes.

Heureusement je suis partie vivre à Bali avec mon âme soeur, une amie de très longue date avec qui je partage énormément de choses. Etre ici ensemble nous a rapproché et a renforcé notre amitié à jamais. On s’est pris des murs parfois mais on s’est relevé et on a recommencé. Bali c’est un paradis, mais parfois, y habiter à l’année peut vous donner des maux de crane inimaginables, haha ! Ça donne dans l’arnaque par-ci par-là. On fait parfois trop confiance à des gens qui n’en valent peut-être pas la peine, et on se laisse aller à des romances trop complexes. Mais bon, au final, on apprend, on vit chaque aventure comme il se doit et il n’y a aucun regret à avoir. Je crois que pour moi, c’est ça le plus beau. Le plus difficile c’est clairement d’être loin de ma mère dont je suis très proche. Heureusement elle vient souvent et je suis fière et heureuse de pouvoir partager cette vie là avec elle.

Je ne pense pas que je changerais quoi que ce soit à cette aventure si je le pouvais ! Toutes les joies, tous les pleurs sont magiques, et le resteront. Ce sont les souvenirs gravés d’une nouvelle vie.

Le seul conseil que j’ai à donner est que, si vous ressentez le besoin de changer de vie, le besoin d’un air nouveau, l’envie de renaitre (car vous ne vous sentez pas à votre place ici et maintenant), si vous sentez qu’en vous vibre l’envie de vous rapprocher de l’océan, de la montagne, du désert (peu importe quel est votre désir de Liberté), il est grand temps d’écouter cet appel. L’âme ne cessera jamais de vous faire ressentir ces envies les plus profondes.

Et c’est en allant vivre ces aventures que l’on se rapproche de qui l’on est vraiment, que l’on se rapproche de notre âme et de ce qui nous permet d’être en harmonie avec la Terre et la Vie.

J’ai été vraiment touchée qu’Immersion me contacte pour devenir leur ambassadrice, je suis heureuse de soutenir un magazine de surf créé par des françaises à Bordeaux.

Je trouve que les magazines imprimés se font de plus en plus rares avec Instagram et tous les réseaux sociaux, et, honnêtement, c’est vraiment dommage ! Pour moi les livres ou les magazines, en tant qu’objet, sont de l’art ! Ils restent pour toujours.

Il n’y a rien de plus beau que d’avoir en main, 100 pages couleurs imprimées d’images incroyables, d’articles pertinents et d’interviews touchantes. Je trouve que cette revue propose une ouverture à un nouveau monde, à une nouvelle vie, et c’est aussi ce que j’essaie de faire passer à travers mon art, à travers mon surf ou même à travers ma manière de vivre. Toutes ces femmes se retrouvent sur un même bateau, on n’est plus toute seule, et ça, ça fait du bien !

Pour aller plus loin et découvrir le magnifique Instagram d’Anais, c’est par là : @facingblankpages