Anouk Corolleur

 Rencontre avec une de nos ambassadrices Immersion

Au coeur du vieux quartier bordelais où elle habite, Anouk nous a donné rendez-vous dans un chaleureux petit café végan qui sent bon le bois. Sa personnalité solaire, son sourire, son parcours et sa philosophie de vie nous ont instantanément séduites. 

Bonjour Anouk, peux-tu te présenter ?

Je suis une enfant des montagnes et j’ai grandi avec des skis ou un snowboard sous les pieds. Chaque été, mes parents nous emmenaient, ma soeur et moi vagabonder le long de la côte française jusqu’au Portugal à la recherche des vagues. On voyageait à bord d’un vieux camping car qui s’appelait « le Gonzo ». Quand j’avais 8 ans, on est parti au Costa Rica en voyage. C’est un trip qui a changé la vie de toute ma famille. A l’époque, le Costa Rica était encore très sauvage et cela a nourri l’envie d’aventure de mes parents qui ont continué à nous emmener en trips surf à travers le monde. Ma mère est ostéopathe et c’est un véritable pilier pour notre communauté. Dès mon adolescence, elle m’a appris à respirer, méditer et exprimer mes sentiments. Mon père est un puits de sagesse qui travaille le bois, s’occupe de la terre et parle aux abeilles. Mes amis d’enfance appelaient notre maison “La maison du bonheur”. Et même si ça n’a pas toujours été tout rose, ça reste un lieu magique, aimant et bienveillant. C’est la culture dans laquelle j’ai grandi et ce sont ces valeurs que j’essaye d’incarner tous les jours pour moi-même et pour les autres.

Raconte-nous comment tu t’es construite.

J’ai quitté la maison à 17 ans pour l’Australie pour apprendre l’anglais et pour surfer. J’ai choisi l’Australie parce que ça avait l’air d’être un pays cool, avec de longs point breaks, et, surtout, avec plein d’Australiens. Je devais y rester 5 mois et j’ai fini par y rester 5 ans. Là-bas, j’ai obtenu un Bachelor de Communication et Marketing à la Griffith University (sur la Gold Coast) tout en surfant entre Byron Bay et Noosa. J’ai beaucoup appris en vivant à l’étranger et je pense que tout le monde devrait avoir l’opportunité d’en faire l’expérience au moins une fois dans sa vie.

Après mon Bachelor, j’ai commencé à bosser pour de grosses boîtes de surf en Australie mais, très vite, je me suis rendue compte que je ne prenais pas le bon chemin. Je traînais des pieds pour aller au travail et j’avais des crampes d’estomac qui m’ont envoyées plusieurs nuits à l’hôpital.

J’ai réalisé que je n’avais aucune idée de qui j’étais et de ce que je voulais faire de ma vie, alors j’ai quitté mon job et j’ai décidé de faire les choses qui me rendaient heureuse : voyager et surfer.

Mon job alimentaire de prof de surf est devenu mon occupation principale et je me suis découverte l’âme d’une enseignante. En l’espace de quelques mois, ma vie s’est complètement transformée.

Photo Thomas Lodin

Le Yoga a fait son apparition dans ta vie à cette même période, n’est ce pas ? Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Initialement j’étais plus intéressée par le praticien que par la pratique. Darren, était un Ashtangi de Nouvelle Zélande et mon colocataire à Byron Bay. Je suis tombée amoureuse et notre histoire a été un pivot dans ma vie. C’est lui qui m’a appris les salutations au soleil, les guerriers etc… Après quelques mois de pratique, l’idée de l’enseigner a commencé à germer dans mon esprit. Je le faisais déjà naturellement pendant mes échauffements de cours de surf, et puis, un jour, sur un coup de tête, je me suis inscrite à une formation à Bali. Je ne m’étais jamais dit que j’allais devenir prof de yoga, je voulais juste en faire un outil pour mes cours de surf. A mi-chemin dans ma formation je me suis dit que ça pourrait vraiment être un boulot dans lequel je pourrais m’amuser. La première fois que j’ai enseigné j’ai dit : «Inspirez et levez les bras» et 25 personnes ont inspiré et levé les bras. Je me suis dit : «Wow, cool !». J’étais piquée. Depuis ce jour, il y a presque 7 ans, j’ai ajouté le yoga à ma vie comme pratique spirituelle, comme travail et comme fil conducteur de ma prochaine aventure.

Comment le surf est-il entré dans ta vie ?

Mon père est surfer et il m’a enseigné le surf quand j’étais petite. Mais mon amour pour le longboard a débuté l’été de mon 15ème anniversaire. Mes parents m’ont envoyée avec mon meilleur ami dans le surfcamp de Richard Schmidt, à Santa Cruz, en Californie. C’est la première fois que j’ai été en contact avec un style de surf moins conventionnel, plus fluide et créatif. Cet été-la, j’ai appris l’art du cross step et du nose ride sur des planches en mousse.

C’est en vivant en Australie que j’ai découvert encore plus la culture surf et tout ce qui gravite autour : l’art, l’esprit communautaire et le lifestyle. Le surf est un magnifique medium pour échanger, partager et célébrer. Et même si je n’aime pas les spots bondés, pour moi le surf est une activité encore plus agréable lorsqu’elle est partagée.

Photo Giang Alam Wardani

Quel lien peux-tu faire entre ta pratique du yoga et celle du surf ? Qu’est-ce que cela t’apporte ?

Le surf et le yoga sont pour moi des pratiques spirituelles et artistiques. Elles m’enseignent à accepter et à accueillir le moment présent. Au lieu de juger les choses qui sont hors de mon pouvoir, comme le temps et les vagues, j’apprends à composer avec les éléments et à trouver une attitude créative face aux situations qui se présentent. Et bien sûr, comme je ne suis pas parfaite : je me plains, je m’énerve et je critique.

J’aime bien comparer l’océan et les vagues à mon expérience émotionnelle. Les émotions viennent et partent et notre job est d’apprendre à les surfer avec élégance. Que ça soit une jolie vague d’amour ou une énorme vague de tempête de colère, elles font toutes parties de notre expérience humaine. Le management émotionnel est bien plus qu’une compétence, c’est une forme d’intelligence et plus nous apprenons à développer cette intelligence (à travers le yoga et la méditation par exemple),  plus nous pouvons profiter de notre glisse sur les vagues de la vie.

Photo Thomas Lodin

Pourrais-tu nous transmettre ta philosophie de vie ?

Je crois dans le pouvoir de prendre des risques. Et je ne veux pas forcement dire par là, surfer les plus grosses vagues. Dire à quelqu’un qu’on l’aime peut être la vague la plus angoissante de notre vie ! La magie commence juste à l’extérieur de notre zone de confort. Qu’on ait peur du jugement des autres, ou bien d’être rejeté ou humilié, la vie m’a appris que malgré tout, chaque fois, cela en vaut la peine. Il y a toujours de superbes opportunités et rencontres qui nous attendent. Aujourd’hui j’essaye de passer la plupart de mon temps à l’extérieur de ma zone de confort en me poussant chaque jour à faire des choses qui me font peur. C’est le secret d’une vie riche et je me sens plus vivante que jamais.

Photo Thomas Lodin

Tu travailles sur un nouveau projet en ce moment : « coach de vie ». Peux-tu nous en parler ?

Un coach de vie aide une personne à réaliser son potentiel de vie. C’est un boulot passionnant que je commence tout juste.

En grandissant nous construisons tous certaines croyances sur nous-même et sur la vie que nous tenons de notre culture familiale et sociétale. Et même si ces croyances nous servent pendant un moment, elles deviennent rapidement des limites à notre développement.

J’aide les gens à réévaluer la façon dont ils vivent et à créer une vision de leur futur qui les inspire, qui les motive et qui leur permette de se révéler. Nous travaillons ensemble chaque semaine pour définir de nouvelles actions à mener et j’offre soutien et guidance dans ce processus. Je n’aime pas le travail de surface et, de ce fait, mes clients sont des personnes qui sont prêtes à s’impliquer à 100% dans leur évolution. Les récompenses et les fruits à cueillir sont incroyables : une vie remplie et riche. Je suis complètement passionnée par les gens, et voir tant de potentiel inexprimé est la raison pour laquelle j’enseigne le yoga, la raison pour laquelle je suis coach, j’écris et fais des conférences. Aucun d’entre nous n’a été mis sur terre pour tester la charge de souffrance que nous pouvons endurer. Nous sommes là pour prospérer.

Photo Giang Alam Wardani

Au fil de tes voyages et rencontres, as-tu éprouvé des difficultés à être une femme au pic ?

Je pense que c’est facile et génial d’être une femme surfeuse, surtout aujourd’hui. Je ne me suis jamais sentie rejetée ou mal traitée au line up parce que je suis une nana. Bien au contraire, je pense que les hommes apprécient la présence d’une fille au line up. L’imbécilité n’a pas de sexe et les filles peuvent être aussi agressives que les hommes. Au final, il faut juste se rappeler qu’on est tous là pour s’amuser et donc qu’on doit garder une attitude respectueuse.

Quelle est ta vision du surf féminin ?

Le surf féminin a beaucoup évolué avec le temps. Je pense qu’il y a encore trop de femmes qui essayent de ressembler aux magazines et qui passent trop de temps à essayer d’imiter ce qu’elles y voient. Bien sûr il est évident qu’on s’inspire tous des uns et des autres. Mais lorsqu’on est trop dans le mimétisme, on se limite. Personnellement, ce qui me fascine le plus, ce sont les femmes qui revendiquent qui elles sont à travers leur style. Qu’une surfeuse aime porter des combi rose flashy avec un style de surf mega girly ou qu’elle soit garçon manqué avec un style hyper edgy et déstructuré, je trouve ces 2 styles aussi inspirants, tant qu’ils sont authentiques. C’est pour cela que je trouve aussi top le fait qu’il y ait de plus en plus de choix au niveau du swimwear pour femmes, cela donne de la diversité à l’eau et je trouve ça génial.

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’accepter le rôle d’ambassadrice pour Immersion Surf Magazine ?

J’adore ce que le magazine véhicule et le fait qu’il réunit les voix et les idées de femmes venues des 7 océans. Il est inspirant et élégant et je suis super touchée d’en être l’ambassadrice.

Au final, pour moi, cela veut dire faire partie d’une communauté de gens qui véhicule et incarne des valeurs sympas. Et pouvoir partager des idées et des réflexions sur un magnifique support.

Photo Thomas Lodin

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