Journées australiennes

Dans une vie de surfeur, l’Australie est une destination qui fait partie des grands trips incontournables. Oui, c’est immense, et il faudrait des mois pour découvrir la totalité du continent. Oui, c’est devenu une destination bien plus onéreuse qu’il y a quelques années, et oui, il y a de gros poissons dans l’eau… Mais, voilà, l’Australie ça sent bon l’aventure, les grands espaces et la liberté, les points breaks parfaits et la douceur de vivre.

Pour un premier trip, la East Cost est easy, on atterri à Sydney, on repart de Brisbane… 1000 km de côtes et pas mal de vagues mythiques dont les noms sont inscrits dans l’histoire du surf.

Il y a des perroquets partout, même en plein coeur de Sydney. Un avant goût de la faune locale, avant même de quitter la ville.

Dans un des ferrys qui assurent de multiples liaisons quotidiennes pour Sydney et ses environs, un gamin, un peu branleur, ballon de rugby à la main, nuque longue, vient nous voir pour qu’on le prenne en photo et prend fièrement la pose. Ici, on prend le ferry comme on prend le bus.

Nous quittons Sydney pour remonter vers le nord du New South Wales.. Quelques stops le long de grandes étendues d’eau, des oiseaux encore et encore. Le camping sauvage étant désormais interdit en Australie, il faut rester discret ou payer le camping, souvent cher d’ailleurs.

Mis à part les quelques grandes villes qui ponctuent la east cost, la côte, peu construite, est plutôt sauvage. Nous posons nos valises à Byron Bay, point stratégique pour rayonner vers les spots intéressants de la région. C’est un gros village touristique, anciennement colonisé pas les hippies dans les années 70, hippies qui, désormais, se sont retranchés dans la rain forest, à l’intérieur des terres, pour plus de tranquillité. Le village hippie est devenu « bohème-chic » et a sans doute un peu perdu de son âme, en témoignent les très nombreux magasins de fringues et autres surf shops qui balisent les rues. Pourtant, la proximité de la mer, la longue promenade qui court le long de la baie jusqu’au phare, les restaurants « healthy » ou « organic », les multiples spots de surf, et la nature encore préservée, font de Byron Bay une escale appréciable où il est facile de se mettre au vert et de passer ses journées dans l’eau.

D’autant qu’il y a une multitudes de spots de surf à quelques kilomètres de voiture, au sud comme au nord: Brunswick head, Lennox head, Balina, The pass, Snapper rocks, Coolangatta, Kirra, pour ne citer que les plus connus. Sur les spots les plus faciles, il y a du monde à l’eau, même beaucoup de monde. Et surtout toutes les générations: des minots de 5 ans aux mamies de 70 ans… Sur les spots plus techniques… il a aussi du monde! Et sur les spots merdiques, dans des conditions pourries, avec une mer démontée… il y a toujours un ou deux mecs à l’eau… Bref L’Australien est plus fort que toi! En plus, l’homo australo surfus est malin, pour surfer plus tranquille, il met ce genre de petits panneaux motivants près de certains accès. Reste que, malgré le monde, il y a des vagues de qualité, des vagues vierges même, si on les cherche, et les australiens sont cools à l’eau, ce qui ne gâche rien.

Un jour que nous faisions un stop à Lennox Head, ma copine, une néo-zélandaise, Lou, qui vit là-bas depuis quelques années, décide de se mettre à l’eau. Le spot est plutôt inhospitalier à premier abord, la mise à l’eau au milieu des rochers a l’air un peu tendue. Bref comme il y a un peu de taille, et que je connais pas le spot, je décide passer mon tour. Motivée, ma copine se jette à l’eau, au milieu des rochers, comme elle peut. Fort heureusement, la voyant un peu en difficulté, un australien d’une cinquantaine d’année, sympa, qui se mettait à l’eau lui aussi, lui dit de la suivre et l’amène au pic. Là, il y a du courant qui tire au large de la pointe rocheuse. Elle se laisse un peu dériver, sans y prendre garde. Le même australien, décidément bien sympa, va la voir et lui dit texto de rester avec le groupe sinon elle va servir d’appât pour les requins… Petite déglutition de salive… La copine ressort de l’eau bredouille, sans avoir pris une seule vague et avec un mauvais feeling… Bref, j’ai bien fait de m’abstenir. Nous en rigolons encore! Dans un mail récent, elle me disait d’ailleurs qu’elle surfait beaucoup moins en raison des nombreuses et récentes attaques…

Une autre fois, sur la plage de The Pass, un français, très peace, (très très !) nous propose un surf de nuit à la pleine lune : « tu sais les requins ils sentent si tu es connecté avec eux, et si tu leur veux du bien, tu ne risques rien…. Ouais ouais, véridique… Bon là aussi je passe mon tour ! Mis à part ça, j’ai eu du bon surf et pris plein de chouettes vagues.

The Pass est une longue droite parfaite, et un spot familial quand c’est petit. Quand c’est gros, la vague est tellement belle et interminable que les surfeurs se déplacent de loin pour la surfer.

Mullumbimby, une ville hippie dans les derrières de Byron Bay, un « fake » pour touriste, où l’on vend du hippie jusqu’à l’écoeurement. Souriez vous êtes filmé!

Allez, ce n’est qu’un au revoir, on sait déjà que l’on reviendra en Australie, on the road again.