Le Beach Break

On ne va pas vous apprendre qu’un beach break est une vague qui déferle sur du sable contrairement à un reef break qui lui aura un fond en roche ou en corail. Ca vous le savez déjà ! Le beach break est donc une vague de sable, c’est la raison qui fait que ce dernier, comparé au reef, semble bienveillant, rassurant en bref plus facile pour la surfeuse débutante ou d’un niveau intermédiaire… Oui, on vous l’accorde, une chute sur le sable pourra vous éviter de belles lacérations disharmonieuses sur votre petit dos mais, mais, mais…. Le beach break peut se réveler fourbe, technique, insaisissable…

Petit nécessaire à beach break pour s’éviter quelques mauvaises expériences de surf :

Règle numéro 1 :

Le beach break, ca bouge !

Un beach break est une vague qui se modifie dans le temps. La vague se brisant sur un banc de sable, celui-ci est, par essence, mouvant ; Il va se déplacer en fonction des marées, des courants, des tempêtes. D’où cette inlassable quête quasi mystique du «bon banc» sur les côtes sablonneuses et les zones de dunes, qui exacerbe nos âmes de Diane chasseresse… En conséquence n’allez pas imaginer retrouver cette belle droite que vous aviez surfé l’été dernier, rien ne garantie qu’elle soit toujours là !

Par contre il y a des spots où le sable bouge moins qu’ailleurs comme par exemple le nord Gironde où l’on trouve un mélange de sable et d’argile dure qui va rendre les bancs moins propices à bouger et plus pérennes dans le temps. Et oui, fallait écouter les cours de géologie!

Règle numéro 2 :

Un beach break n’est pas égal à un autre !

La puissance d’une vague de beach break, si elle dépend comme pour toute vague, de la fréquence de la houle, de son orientation, de la marée, du fait que se soit un début ou une fin de houle, est aussi directement liée à la configuration du fond sablonneux. Plus la pente du fond sous marin sera raide et plus la vague sera creuse et puissante. Vous l’aurez compris, les maths ne servent à rien, 1m50 au spot de La Gravière à Hossegor n’est pas égal à 1m50 à Lacanau… Les spots puissants comme Supertubos (Portugal), Mundaka (Espagne) ou Sandy Beach (Hawaii), the Wedge (Californie), Puerto Escondido(Mexique) ne sont pas décemment comparables à du beach breaks cools tel que l’on peut en trouver à Byron Bay (Australie), ou à Waikiki (Hawaii).

Règle numéro 3 :

Savoir compter !

Humm… qui dit beach break dit barre à passer dès qu’il y a un peu de taille… Et oui votre petite vague de sable toute mignonne se transforme en monstre de mousse à dompter et vous voilà partie pour une série de canards sans fin. C’est là qu’il faut sortir le boulier que vous avez toute dans votre sac de surf et compter les vagues de la série, tout en chronométrant la durée de l’accalmie entre les séries. Lorsque vous avez évalué la fenêtre de tir, c’est le moment d’activer ses petits biscoteaux et de ramer comme une furie…

Règle numéro 4 :

Affuter ses yeux de lynx !

Allez les filles on observe… Là encore si c’est un peu gros, on regarde s’il y a un petit courant susceptible de vous téléporter au pic histoire d’arriver dans la dite zone avec encore un peu de jus ! Le jus, justement c’est votre taxi ! Vous savez le petit courant qui fait friser la surface de l’eau. C’est lui qu’il faut repérer ! Ca fait des petits clapots sur une grande ligne plus ou moins large qui part du bord vers le large, et en général, à cet endroit, les vagues sont «applaties» légèrement par le courant sortant. Par contre c’est ce même courant qu’il faudra éviter pour rentrer sur la plage, sinon c’est le sur place» garanti. On rame latéralement pour sortir du courant sortant jusqu’à trouver une vague qui vous ramène au bord ou rentrer à la rame.

Règle numéro 5 :

Sauve qui peut !

Quand le beach break se transforme en shore break… Oui oui ça arrive, vous regardez passer les mouettes, la marée monte, vous regardez les bateaux, vous prenez une petite vague, tiens la marée monte, vous regardez vos doigts de pieds, tout d’un coup vous avez un petit frison qui vous rappelle qu’il est temps de sortir de l’eau, et là, vous découvrez avec stupeur un inamical shore break qui s’est formé à l’endroit même où vous vous étiez imaginé une sortie glamour de naïade parfaitement connectée aux éléments. Vous voilà prise au piège ! Vous voulez néanmoins effectuer une extraction de cette zone de combat la plus digne possible en évitant : 1/ le ridicule du roulé boulé les cheveux plein de sable et la planche en deux mais le ridicule ne tue pas et on est toutes et tous passés par là dans une vie de surfeur, mais plus encore en évitant 2/ le coup du lapin et les petites étoiles qui potentiellement peuvent faire très mal et vous envoyer à l’hôpital ! Le souci c’est que vous n’avez plus pied et que vos chers orteils n’ont pas de prise sur le sable si ce n’est qu’en vous jetant dans la gueule du loup ! Bref, on respire, on se calme, on ne se précipite pas. Surtout on regarde l’océan et on ne lui tourne pas le dos pour éviter toute traîtrise et là encore on sort son boulier ! Magique le boulier ! On compte, on observe, il y aura toujours un petit trou de souris où vous glisser.

Maintenant y’a plus qu’à sortir le sable du maillot ! Et y retourner !