La photographie de César Ancelle-Hansen

Frédérique Seyral

Des gouttelettes qui diffractent la lumière, le soleil doux du Pays Basque, un surfeur qui glissent sur l’eau, des jeunes gens qui jouent à la plage, la brume d’un matin d’hiver, le bonnet de natation d’une vieille dame, tel est l’univers de César Ancelle-Hansen qui sait capter l’instantané et sa poésie avec délicatesse.

Beaucoup de tes sujets photographiques tournent autour du surf et de la plage, une beach culture en quelque sorte. D’où vient cette atirance et qu’est-ce qui a façonné tes choix photographiques, toi qui vient du nord de la France?

Je viens effectivement du Nord de la France. J’ai découvert l’ univers  de la Beach culture à travers les magazines de surf et de Bodyboard qui  étaient chez le père d’un pote. Son père Lucien aka « Lulu » était maitre nageur sauveteur à Anglet durant son adolescence. Il était complètement mordu d’océan et de surf. C’était l’époque de Tom Curren, Mike Stewart, Le fluo, le Morey Boogie etc.. J’ai découvert ça dans les magazines, ça a été l’énorme giffle. Quelques mois plus tard, mon père m’emmenait en Corse à Algajola un petit village réputé pour ses vagues. Et là un matin un parfait swell off shore : j’avais 14 ans, je descend les escaliers de l’hotel avec vue sur la plage. Et là je vois ces surfeurs arpentant la  plage, cherchant le bon spot, avec cette lumière incroyable matinale chaude, la chevelure des vagues off shore, les lignes de houle, le bruit des vagues, la vision des tubes etc…Boom.!!! J’avais jamais rien vu de tel!Ok c’est ça que je veux et rien d’autre…

Les corps, la lumière, l’eau sont récurrents dans ton travail comme des éléments naturellement indissociables, comment perçois-tu cela?

C’est assez basique en fait. La lumière et l’eau sont des éléments naturels fascinants. Il y a un côté magique. Regarde simplement des enfants autour de toi : ils adorent jouer avec l’eau et la lumière sous toutes ces formes. Il y a un côté aussi surnaturel dans ces éléments pourtant basiques. Je pense qu’au final, adulte, on ne perd pas ces enchantements de gosse. C’est mon cas. Après d’un point de vue global, biologique,  sans eau ni lumière il n’y a pas de vie, pas de corps… Je m’égare un peu la peut être.. JCVD sors de ce corps!

Contrairement à beaucoup de photographes, on ne te sent pas fasciné par la beauté en tant que telle (une belle fille par exemple), comme si tu la cherchais ailleurs…

Pourquoi le flou/la fluidité est-il/elle souvent assumé(e) et voulu(e) dans ton travail?

Si je suis attiré par la beauté mais je regarde aussi  le charme, le détail, le mouvement, l’émotion…La beauté simplement c’est chiant. J’adore les images d’ Helmut Newton. Là il y a tout : la beauté et le charme.

Concernant le flou et le fluidité, oui c’est une technique voulue et assumée. Mais il ne faut pas que ce soit systématique. Maintenant tout le monde fait du flou sans aucune profondeur de champ.

Finalement tout n’est-il pas qu’une question d’atmosphère?

Un peu oui, dans le sens ou la photographie va tenter de déclencher des émotions, des souvenirs, de te remettre ou de retranscrire une atmosphère… Un peu comme une madeleine de Proust.