Ophélie Ah-Kouen, l’égérie du volume I

Ophélie est aussi sympa qu’elle est jolie, et aussi modeste qu’elle excelle en longboard. C’est elle qui fait la couverture du volume 1 d’Immersion car elle incarne les valeurs du surf de la plus belle façon qui soit.

Différents essais de couverture avant de faire le choix final

Ophélie commence le surf sur son île réunionnaise à l’âge de 13 ans. Au début, elle va à l’eau deux fois par semaine, le samedi et le dimanche. Elle a tout de suite le virus du surf, se lève à six heures du matin pour profiter un maximum du surf, passe ses journées à l’eau et n’en sort que pour manger. Très vite Ophélie augmente le nombre hebdomadaire de ses sessions et s’oriente vers la compétition. Elle fait ses premières sessions sur des malibus et passe rapidement au longboard, motivée par son entraineur, lui-même très bon longboardeur, et soutenue par sa maman, présente à toute les épreuves. Elle ne néglige pas pour autant le shortboard, qui même s’il reste plus anecdotique dans sa pratique, lui amène, à l’époque, un travail des appuis et une progression complémentaire. Mais le longboard est vraiment ce qui lui plaît et c’est l’outil avec lequel elle s’exprime le mieux.

Dès sa première année en compétition, entre 14 et 15 ans, Ophélie est repérée par Rip Curl ce qui décuple sa motivation. Du coup elle parfait sa collection de bikini, et de fringues techniques, et se sent boostée par une véritable équipe. L’idéal quand on commence. Elle participe au circuit réunionnais et aux championnats de France. Jusqu’à être quelques années plus tard 5ième mondiale en 2012. Entre temps elle cumule les titres : deux fois championne de France en espoir et une fois en open, 3ième au Roxy Pro Biarritz ; elle obtient aussi une neuvième place en Chine au Swatch girl pro. Elle aime l’esprit de compétition et l’exigence de l’entrainement. Progresser est indéniablement un des plaisirs que lui procure le surf. Elle vit cela comme un véritable challenge personnel.

En 2013 elle choisit néanmoins de poursuivre ses études de kinésithérapeute et doit délaisser un peu le circuit. Elle surfe quand même dès qu’elle peut et a pour objectif de se remettre à la compétition dès qu’elle obtient son diplôme de kiné, c’est à dire dans un mois ou deux. Idéalement elle aimerait suivre le circuit pro en tant de kinésithérapeute. On le lui souhaite ! En France, elle est basée dans le sud des landes, à Hossegor, et surfe sur tous les spots du coin, de Capbreton à Seignosse en poussant aussi jusqu’à la côte des Basques à Biarritz ou sur les spots d’Anglet… Elle bouge en fonction des conditions et en bonne surfeuse des îles, plutôt l’été que l’hiver où elle met moins sa planche à l’eau.

Ophélie n’hésite pas à surfer les conditions un peu techniques et creuses des vagues landaises pour recherche un peu d’adrénaline et aime faire des noses dans le creux de la vague, le kiff parfait ! Pour autant elle apprécie tout autant les conditions plus tranquilles où l’on prend le temps de se déplacer sur la planche et de faire de belles courbes. Le genre de conditions où on va surfer entre pote, juste pour le plaisir et le partage. D’ailleurs c’est aussi ce qu’elle aime dans le surf, partager ses sessions avec ses copines, avec sa sœur, elle aussi longboardeuse. Elle surfe en générale en 9’1 ou 9’, des noseriders aux longboards plus modernes quand elle cherche plus de radicalité. Mais en général son quiver tend plutôt vers des planches très maniables. Ses plus grosses vagues, elle les surfe à La Reunion où à Bali et se souvient de quelques sessions épiques. Notamment une fois, à Uluwatu, quand les locaux qui la regardaient se mettre à l’eau à Uluwatu ne cachaient pas leur étonnement à la vue de la taille et vagues, et que ces mêmes indos, lorqu’elle eut terminée sa session, la félicitaient par des « good waves » respectueux.

Ses futurs objectifs : être sélectionnée pour les Jeux Olympiques. Ophélie pense avoir maintenu son niveau, mais est bien consciente que ces dernières années les autres compétitrices ont continué à progresser. Elle s’entraîne beaucoup sur le plan de la préparation physique générale pour rester au top de sa forme : course à pied, dont un semi-marathon récemment, musculation, natation, et fait aussi attention à ce qu’elle mange. Il n’y a pas de secret !

L’écologie est un sujet qui lui tient à cœur, elle pense même à s’investir auprès d’associations qui sensibilisent les gens au respect de l’océan. D’ailleurs la « crise requin » est un sujet qui la touche très directement. La fenêtre de sa chambre, à La Réunion, donne sur le spot des « Roches noires ». Ado, elle regardait par la fenêtre, observait les conditions et n’avaient plus qu’à prendre sa planche sous les bras, pousser la porte de la maison et courir surfer. Temps révolu bien malgré elle, puisque le spot s’est désormais vidé de ses surfeurs. Depuis 5 ans qu’elle a quitté La Réunion pour ses études, elle n’est retournée à l’eau qu’une seule fois, en décembre de cette année. Pourtant Ophélie a le désir de retourner vivre là-bas, en espérant que, d’ici là, les choses auront évoluées positivement. Lindsay Steinriede, Kelia Moniz font parties des surfeuses qu’elle admire et dont elle aime le style. Des envies de Californie, d’Hawaii et d’Australie… bref la vie devant soi !