Rencontre avec Amber Jones

Photographe et ambassadrice Immersion

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Amber, et je vis dans un petit coin de paradis, en Nouvelle-Zélande, appelé le Coromandel, où les richesses de l’océan inspirent chaque jour mes films et mes photos.

Comment es-tu venue à la photographie, et plus spécifiquement celle de surf? 

Un formidable mélange de voyages, d’amour, de désirs, mais aussi, la mort prématurée de mon père qui m’a récemment amené à me remettre en question a propos de tout ce qui concerne ma vie et ce qui me motive. Tout en moi me poussait d’une part vers l’océan et d’autre part à raconter des histoires, alors j’ai foncé la tête la première sans jamais regarder en arrière.

Parle-nous de l’océan…

Partout où je vais, l’océan est ma source d’inspiration, mon lieu d’enseignement, ma muse ; il est ce qui me nourrit. L’océan est une forme constamment mouvante, changeante. D’une minute à l’autre il semble totalement différent et cela me donne envie de prendre en photo toutes ces superbes variations.

Un peu par hasard, je suis allée au contact des requins, en faisant de l’apnée avec mon compagnon, Riley, qui m’emmenait avec lui approcher ces créatures mal comprises tout en m’enseignant leur mode de vie. Je souhaitais faire des photographies différentes de la faune, des images qui seraient capable de transporter le public avec moi, à l’instant même de ces photo, afin de leur faire ressentir le calme qui était le mien, plutôt que la peur.

Est-il difficile d’être une femme réalisatrice ? 

C’est difficile dans le sens où je suis ma propre et plus grande critique, et j’aurais sans doute besoin d’un peu plus d’amour-propre (rires). Le plus dur lorsque vous êtes un travailleur indépendant c’est de croire en vous et en votre travail. Mais si vous êtes passionné, cela transparaitra forcément dans ce que vous créez, et cela suscitera l’intérêt des gens, quelle que soit l’histoire.

Quel matériel utilises-tu ?

Un canon 1Dxii et une protection aquatique.

Ton travail ne consiste pas seulement à photographier où a filmer, mais aussi à raconter des histoires, n’est-ce pas ?

Il y a toujours une histoire derrière mes images. J’aime transporter le public au moment même où je les ai capturées, car il est important pour moi de savoir que je ne fais pas que déclencher la gâchette de mon appareil photo. Il y a toujours une chronologie d’événements très calculée, c’est pourquoi chaque photographie s’accompagne d’une histoire en arrière-plan.

Outre être une réalisatrice, as-tu d’autres passions ou hobbies ?

Eh bien, quand il y a du bon surf, c’est une lutte intérieure permanente pour savoir si je prends ma planche ou mon appareil photo dans l’eau ! Je fais généralement des rotations car je trouve la photographie et le surf tous deux très enrichissants, et j’affectionne particulièrement les moments où il y a un groupe de femmes au lineup !

Dis-nous en un peu plus sur ta façon d’aborder la vie, ta philosophie. 

Riley et moi essayons vraiment d’être des humains meilleurs, en cultivant nos propres légumes, en cuisinant le poisson que nous péchons au harpon, en élevant des poulets, et en essayant simplement de vivre une vie plus écologique avec une plus faible empreinte carbone. Nous faisons nos courses intelligemment et nous soutenons toujours les artisans locaux et les produits, faits à la main, par rapport aux vêtements produits en masse.

Il paraît que tu aimes voyager ?

Voyager est une source constante d’enseignement. C’est une école de la vie qui n’est pas restreinte à un régime 9-5 , donc je pense que tout le monde devrait voyager, surtout maintenant, il y a plein de programmes géniaux qui facilitent les voyages responsables, et des programmes de bénévolat qui soutiennent et reversent une part aux communautés locales et aux animaux. C’est gagnant-gagnant pour tout le monde.

Tu surfes et tu shootes partout dans le monde, vois-tu une différence entre les hommes et les femmes à l’eau ?

Evidement ! Les femmes sont tellement plus détendues, c’est plus une ambiance de partage, là où les hommes semblent généralement prendre le surf un peu plus au sérieux et un peu plus comme un sport individuel.

Néanmoins, il y a beaucoup de choses que nous pouvons apprendre de nos Tané (hommes), et mon surf a certainement été influencé par certains d’entre eux. Mais il n’y a rien de tel que d’être dans l’eau avec un groupe de Wahine (femmes).

Tu vends des impressions de tes photographies sur ton site internet et tu reverses 20% à un organisme de charité néo-zélandais Sustainable Oceans society charity research and conservation efforts, c’est bien cela ?

Tout à fait. Je pense qu’il est important de redonner aux animaux que je photographie, puisqu’eux-mêmes n’en profite pas financièrement. SOS est constamment à la recherche de nouvelles façons de protéger et de sensibiliser aux requins. Si je ne peux pas déposer de l’argent sur le compte bancaire des requins, le moins que je puisse faire est de soutenir les humains qui investissent leur temps dans l’avenir des écosystèmes.

 

Quels sont tes projets personnels en ce moment ?

J’ai réalisé et sorti le premier film de surf féminin néo-zélandais cette année. Je m’en pince toujours le bras tant cela parait surréaliste que nous ayons réussi à le produire, à partir d’une idée folle qui a jailli de mon esprit. Allez jeter un coup d’œil !

Pourquoi as-tu accepté de devenir Ambassadrice pour Immersion, qu’est-ce que cela signifie pour toi?

Immersion est l’une des premières publications valorisantes de surf pour le public féminin, ce qui est très important pour moi, car il y avait un manque évident de médias féminins positifs quand j’ai appris à surfer. J’étais ado à cette époque, et c’était vraiment décourageant de croire que je n’étais pas assez forte, bronzée ou assez sexy pour surfer.

Le surf est un sport véritablement holistique et très spirituel. Il m’a fallu bien trop de temps pour me défaire de la fausse idée de ce que «devrait être» une surfeuse féminine, et ainsi pouvoir profiter de ma propre vision féminine du sport. Je veux que les jeunes moussaillons apprennent cela aussi, et bien avant qu’ils/elles soient dans la vingtaine. Les magazines comme Immersion sont la clé d’une narration positive.

Site web : amberandfriends.net  / Sur instagram : @amberandfriends_photography