Rencontre avec Julie Pollet Aka Mme Chipiron

Tu es surfeuse, maman, compagne de shaper, entrepreneuse.. bref tu es plutôt une fille active! Parle-nous un peu de toi, de ta famille et de comment tu gères ton temps…

Je m’appelle Julie, j’ai 36 ans et demi (le demi commence à être important ;), et je suis originaire de Lille, bien loin des vagues. Je suis arrivée dans le Sud Ouest (à Hossegor plus précisément) en 2005. J’étais plutôt habituée par la côte médocaine dans mon enfance (Carcans, Maubuisson, Bombannes) mais l’envie de découvrir l’industrie de la glisse m’a amené à Hossegor, chez Rip Curl. J’y ai travaillé pendant près de 8 ans, au marketing, ce qui m’a permis de découvrir une discipline sportive de haut niveau, mais surtout de ME découvrir le goût pour le voyage, pour ce style de vie fait de rencontres, d’aventures, dans des endroits incroyables.

Aujourd’hui, je suis maman de 2 garçons plein de vie (« les chiens ne font pas des chats »), co-gérante de la marque Chipiron avec mon mari Damien depuis 2 ans, co-fondatrice de l’association ellesSURF, gérante de la Chipiron Surfschool,… (sans oublier les soirées et sorties entre copines), et à mes heures perdues, rédactrice. J’ai toujours eu mis un point d’honneur à vivre ma vie comme je la ressens. J’adore avoir des journées bien remplies, de pouvoir les partager avec les gens que j’aime, de rencontrer de nouvelles personnes, d’apprendre,… et pour ça, Damien est aussi une vraie locomotive. Il a 1000 idées à la minute, j’adore ça. Il me pousse à me surpasser, à avancer. Tout n’est pas toujours simple, entre les emplois du temps de chacun, mais on s’organise.

Comment es-tu venue au surf?

Je suis arrivée au surf sur le tard. Comme beaucoup d’ados, j’avais fait un stage entre copines. Lorsque je suis arrivée à Hossegor, travaillant pour une marque de surf, il me semblait important de comprendre ce sport, cette vie. Mais je m’y suis mal pris, en suivant des copains, avec une planche trop petite, dans des conditions souvent trop compliquées pour mon niveau. J’ai rapidement arrêté.

Et puis j’ai rencontré Damien il y a 10 ans. Il m’a fait découvrir le longboard, une glisse dans de petites conditions, avec une grande planche. J’ai tout de suite accroché. J’avais découvert mon envie en terme de glisse. C’est vrai qu’avoir un chéri prof de surf m’a aussi pas mal aidé. C’est ce que je conseille toujours à celles et ceux qui me demandent comment débuter en surf. « Allez dans une école, apprenez les bonnes bases, à comprendre l’océan, à connaitre vos propres limites. Ensuite, la pratique la plus régulière sera votre meilleur alliée.»

Aujourd’hui, je continue de progresser à chaque session. Je me motive plus l’hiver, surtout depuis qu’on a monté l’asso ellesSURF et qu’on se retrouve plus nombreuses à l’eau.

Mais cette sensation de glisse, le simple fait d’être à l’eau, de sentir l’eau sur mon visage, de parfois se surpasser, c’est une sensation incroyable.

Tu voyages souvent avec Damien et vos enfants, est-ce une priorité dans votre vie?

Avec notre rythme de vie professionnelle décalée avec la vie scolaire, nous essayons de partir tous les hivers en famille. Nous travaillons 9 mois à fond sur la saison estivale. Ensuite, 3 mois tranquilles, de Noël à Pâques. Nous sommes heureux de pouvoir profiter de ce rythme à 4. Le surf est au centre de notre vie, les voyages aussi. Nous adorons voir nos enfants grandir à travers leurs visions des voyages et leurs curiosités. Plus ils grandissent, plus ils semblent demandeurs, et ce n’est pas pour nous déplaire. La vie est trop courte, le monde est gigantesque. Même si nous adorons notre vie à Hossegor, s’en évader plusieurs semaines est une obligation pour notre santé mentale.

Nous nous octroyons aussi chacun quelques jours en solo ou avec nos potes, chacun de notre côté. Et si on le peut, un petit trip en amoureux. C’est un équilibre qu’on essaie de garder.

Grâce au surf, nous avons pu découvrir l’Afrique du Sud, l’Indonésie, le Sri Lanka, Hawai, Les Maldives, le Nicaragua, le Brésil, le Maroc, le Portugal, l’Espagne,… et il y a encore tellement à voir!

Ton dernier voyage, c’était où et c’était comment?

Notre dernier surf trip date de janvier dernier, 10 jours au Nicaragua en amoureux. Nous étions invités à découvrir le surf camp d’un pote, Las Dunas Resort, dans le nord du Nicaragua (Aposentillo). Nous ne connaissions pas du tout l’Amérique Centrale, et le simple fait de s’évader à deux, pour surfer, et en maillot, était une excellente nouvelle. Nous avons pu découvrir un pays sublime, 100% nature, avec une population accueillante, des locaux partageurs et surtout personne. Nous n’avons pas eu de grosses entrées de houle, mais tout de même suffisantes pour surfer tous les jours. Dès 6h du matin, nous étions à l’eau. Nos journées étaient simplement rythmées par les mises à l’eau, les rides en moto, les siestes et les apéros. Les vraies vacances 🙂

Avec Damien, nous avons à quelques détails près la même vision du voyage: surf, découverte culinaire, rencontres locales et aventures. Nous organisons très peu nos voyages. On part léger (si on peut dire qu’un boardbag avec au moins 3 planches soit un bagage vraiment léger), on booke la première nuit, et après, surprise. C’est souvent là qu’on fait les plus belles découvertes, en se donnant la chance de pouvoir prendre le temps, de profiter plus d’un endroit que d’un autre.

Qui est le plus accro au surf dans la famille?

Je dirais Damien. Il surfe depuis l’âge de 13-14 ans, il en a fait son métier pendant plusieurs saisons. Ses choix de vie ont toujours été dirigés en fonction du surf. S’il ne surfe pas pendant plusieurs semaines, il sera comme un lion en cage, rempli d’énergie. Mais avec nos différentes activités, nous surfons un peu moins. On va dire qu’à la maison, on choisit les conditions optimales 🙂

Moi, j’adore retrouver les copines pour aller surfer; J’adore aussi les petits hold-up de l’hiver, lorsque Damien m’emmène surfer des vagues alors que je n’avais pas spécialement prévu. J’avoue apprécier de plus en plus les sessions hivernales, lorsqu’il y a un petit mètre, que le soleil brille, que le longboard est waxé et la douche bien chaude en rentrant. Cela peut me donner le sourire pour une semaine!

La vie à Hossegor c’est comment? Aimerais-tu vivre ailleurs?

Pour moi, c’est la vie idéale. «On est heureux de voir arriver les vacanciers et on est heureux de les voir repartir». Les mois de juin, septembre et octobre sont souvent fabuleux, l’eau est chaude, il n’y a pas encore la folie estivale. Les mois de juillet et d’août, le village est en effervescence, on travaille beaucoup, mais on sort aussi, on profite des couchers de soleil magique, des événements,… Et dès le mois de septembre, on retrouve une vie douce et calme.

Faire grandir nos enfants dans cet environnement est pour moi la meilleure chose qu’on puisse leur offrir (même s’ils ne s’en rendent pas encore compte). Ils aiment jouer dans la forêt, faire des cabanes sur la plage avec le bois flotté, aller skier sur une journée si l’envie nous prend. Nous sommes à proximité de tout, entre mer et océan, à quelques kilomètres du dépaysement espagnol et portugais, à quelques heures en train de Paris. Que demander de plus?

Nous aimerions partir pendant plusieurs années, faire découvrir d’autres cultures, d’autres éducations, tout en gardant notre mode de vie. Mais lorsqu’on cherche, à part l’Australie qui s’en rapproche, nous ne voyons pas d’autres options. C’est qu’on est tellement bien en France! #chauvismeàlafrançaise

Quelle est ta philosophie de vie et ce qui compte le plus pour toi?

Vous l’aurez certainement compris en lisant ces quelques lignes: PROFITER!

Je veux profiter de mes enfants avant de devenir de vieux cons ;), profiter de ce rythme de vie professionnelle pour voyager, profiter pour toujours garder mon ouverture d’esprit face au monde et essayer d’inculquer la même chose à mes enfants, profiter de ces moments à 2 (même si ce n’est pas toujours simple de prioriser ces moments), profiter de mes proches et de ceux que j’aime autant que possible.

La vie est trop courte…